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GLOSSAIRE FLAMENCO (FR)

Updated: Apr 6

Quelques termes importants du vocabulaire flamenco, traduits et expliqués.



"Café Cantante" - Emilio Beauchy y Cano, Sevilla, 1888, Café del Burrero


Abandolao : modèle rythmique ternaire, descendant du bolero, utilisé pour interpréter la majorité des fandangos (avec pour exception notable les Fandangos de Huelva). Pour un exemple de fandango marqué au rythme abandolao, cliquer ici.


Abanico : éventail. Il s'agit également d'une technique de rasgueo sur la guitare flamenca.


Aficionado/da : personne qui apprécie et qui cultive sa connaissance de l'art flamenco ; se dit également d'une personne qui pratique cet art de manière non-professionnelle.


À la fin de sa vie, le cantaor Enrique Morente disait qu'il avait simplement voulu être "un bon aficionado".

Bailaor/Bailaora : danseur/danseuse de Flamenco, spécifiquement. Le terme espagnol désignant n’importe quel autre type de danseur ou danseuse est bailarín/bailarina.


Caída del cante : dernière phrase mélodique d’un chant. On l’appelle caída (“chute”) car les letras flamencas se concluent souvent par une chute de la mélodie jusqu’à la tonique grave (parfois appelée “cadence”, cadencia).


Cantaor/Cantaora : chanteur/chanteuse de Flamenco, spécifiquement. Le terme espagnol désignant n’importe quel autre type de chanteur ou chanteuse est cantante.


Cante pa’ alante : chant interprété sans danse, "en avant" de la scène, pour être écouté.


Cante de atras : chant interprété pour la danse, "en arrière" de celle-ci.


Cantes de Ida y Vuelta : ensemble de chants issus des appropriations et échanges culturels mutuels entre le continent latino-américain et l’Espagne. Exemples : Guajira, Colombiana, Tangos del Piyayo, Tangos del Titi, Milonga, Vidalita...


Cantes de la fragua : chants de la forge, issus de cet univers professionnel et esthétique spécifique. Les plus célèbres de ces chants sont les martinetes.


Le père de José Monge Cruz, "Camarón de la Isla", était forgeron.

Cantiñas : famille de chants de nature plutôt joyeuse, originaires pour la plupart de la province de Cádiz. Entonnés et accompagnés en mode majeur, sur le compás de la soleá por bulerías (12 temps). Exemples : Alegrías de Cádiz, Mirabrás, Romera, Caracoles, Alegrías de Córdoba...


Cambio : action d’évoluer d’un palo vers un autre pour clore un chant ou, s’il y danse, pour continuer la danse sur un rythme plus animé. Voici quelques exemples célèbres et orthodoxes de cambios :

  • Tientos → Tangos

  • Alegrías → Bulerías de Cádiz

  • Tarantos (danse) → Tangos

  • Solea (danse) → Bulerías

  • Solea (chant) → coletilla en mode majeur et cierre

  • Seguiriyas → Cabales


Cierre : littéralement “clôture” (d’une falseta, d’une llamada, d’une escobilla…).


Coletilla : court chant venant complémenter une letra ou accompagner la fin d'une danse. Elles fonctionnent en quelque sorte comme des refrains, et elles sont souvent très rythmées. Elles se répètent rarement, mais si tel est le cas, on parlera plutôt d’estribillo.


Contestación : “réponse” de la danse au chant à l’occasion d’une pause (respiro) de celui-ci.


Compás : désigne à la fois l’unité de mesure rythmique (de 3, 4, 6 ou 12 temps) et le concept même de rythme en Flamenco. Logiquement, il n’existe que dans les palos rythmés (dits a compás, par opposition avec les palos dits libres). Noter que l’enchaînement des compáses obéit le plus souvent à une logique répétitive ou “circulaire” car leur nombre n’est pas fixe, ils s’enchaînent librement en fonction du chant et/ou de la danse, sans nécessité de les compter ou de les limiter.


(Estar) cruzados : littéralement “croisés”, se dit d’une situation dans laquelle différents musiciens et/ou danseurs ne suivent plus le même compás. C’est une manière moins accusatrice de dire que quelqu’un est fuera.


Estribillo : littéralement “refrain”, courte letra à la mélodie accrocheuse, répétée plusieurs fois au fil d’un chant. L’usage de l’estribillo est plutôt rare en Flamenco traditionnel mais il très prisé dans la musique populaire aflamencada et dans la rumba catalana.


Un célèbre estribillo : "Leley Leley... Pasa / Que tenga la puerta abierta / La alegría de mi casa" (José Mercé - Aire)

Falseta : solo de guitare flamenca.


Fin de fiesta : les spectacles de Flamenco se terminent traditionnellement par une improvisation ‘por Bulerías’. Les artistes de la soirée invitent d’autres flamencos sur scène pour partager le chant, la danse et la guitare. L’idée est d’y reproduire la convivialité et la spontanéité d’une juerga, devant le public.


Fuera : littéralement “dehors”. Se dit de quelqu’un qui est sorti du compás.


Juerga : fête. Le Flamenco se nourrit et vit de la fête. Ses manifestations les plus émouvantes sont souvent hors de la scène, aux heures avancées de la nuit, souvent por bulerías ou tangos. Cliquer ici pour en découvrir un exemple (à partir de 3:38).


Juguetillo : désigne spécifiquement une coletilla dans la famille des cantiñas.


Letra : couplet, strophe, chant ; ensemble de tercios formant un tout cohérent et autosuffisant sur les plans musical et poétique. La letra est l'unité de base du chant Flamenco : chanter du Flamenco, c'est enchaîner des letras (et éventuellement des coletillas). Lorsqu’on chante différentes letras d’affilée, il n’est pas nécessaire que leur signification soit liée.


Letra valiente (synonyme de macho) : littéralement, letra la plus “courageuse” d’un chant, c’est-à-dire la plus haute et difficile à chanter. Elle est généralement chantée en dernier afin de créer une progression dramatique.


Macho : synonyme de letra valiente.


Martinete : chant a palo seco (sans accompagnement), et initialement libre (sans rythme particulier) que chantaient les gitanos travaillant à la forge. Ils sont un type de toná. Les membres de la famille "Agujetas" sont réputés pour leur interprétation de ce palo difficile et obscur.


Mélismes : chanter plusieurs notes sur une seule syllabe. Les mélismes sont l'une des caractéristiques du cante flamenco que l’on retrouve abondamment dans les musiques arabes.


Olé : exclamation exprimant l’enthousiasme, la surprise, l’encouragement, l’admiration, le respect et/ou la joie. Pour un effet encore plus flamenco, il est dit a compás (par exemple, sur le 12ème temps de la buleria, après un remate).


Palmas : les “paumes” des mains ; par métonymie, désigne l’art de claquer ces paumes les unes contre les autres pour produire des sons rythmiques.


Palo : style de chant défini par des mélodies, un compás et des lignes de guitare spécifiques. La soleá, la seguiriya, les alegrias sont des palos.


(Chanter à) Palo seco : chanter sans accompagnement de guitare, ou “a capella”. Certains chants, comme les tonás et les trillas, s’exécutent toujours a palo seco. On peut toutefois chanter n'importe quel style a palo seco, comme le font Arcángel dans ces Bulerías ou David Palomar avec ces Cantiñas.


Pataita : vient de “patada/patadita” ; petit jeu de pieds exécuté por bulerías dans le contexte informel des fêtes et des fin de fiesta. Tout Flamenco digne de ce nom (qu’il soit chanteur, guitariste ou, bien évidemment, danseur) a une petite pataita en réserve pour amuser la galerie.


Rasgueo : action de frotter rapidement plusieurs doigts sur les cordes de la guitare, parfois avec force et obstination. Le rasgueo accompagne les moments forts de la danse et du chant ; il ouvre certains palos (comme la Seguiriya traditionnelle) ; et il est beaucoup utilisé dans les remates et les cierres.


Remate : zénith d’intensité du chant, de la danse ou de la guitare, généralement accompagné par une vertigineuse montée en puissance des palmas. Rematar (“remater”) un chant, c’est lui donner le pic émotionnel nécessaire (à l’aide d’une letra valiente) pour générer, si tout est fait dans les règles de l’art (et si le public écoute), le fameux ¡Olé!... En castillan, rematar, c’est “achever complètement”. Partant, les remates font souvent office de cierres.


Respiro : littéralement, “respiration”. Moment de répit du chant entre deux tercios ou avant la répétition d’un même tercio. Il peut durer plusieurs compáses mais il est mieux qu'il ne dure pas trop longtemps pour qu'il ne soit pas confondu avec la fin de la letra.


Ripio : allongement de la phrase mélodique d’un chant, très fréquent dans les bulerías et les bulerías por soleá, obligeant parfois le guitariste à retarder le changement d’accord de ½, 1, voire 2 compases. La danse est également forcée d’allonger son propos si la letra se fait plus longue. Exemples de ripios :

  • Ripios qui n’ajoutent pas de contenu à la letra : “compañera de mi alma”, “compañero maligno”, “prima mía de mi alma”, “valgame Dios”, “ay, mare”…

  • Certains ripios sont une élaboration de la letra : “te tienes que volver loca”, “porque yo bien te camelo”, “por tus malas acciones”, “y yo culpita no tengo”, “tu pare y tu mare”...


Sonanta : vieux terme andalou pour désigner affectueusement la guitare.


Subida : “monter” le rythme, c’est-à-dire accélérer.


Tablao : prononciation populaire du mot "tablado" (revêtement fait de planches), désignant spécifiquement les scènes sur lesquelles se produisent les spectacles de Flamenco, héritières des cafés cantantes (dont la programmation était bien plus variée). À partir des années 1970, le tablao se transforme également en spectacle gastronomique et touristique.


Tapao : du terme tapado, “couvert”, désigne le fait pour le guitariste de marquer le compás avec sa main droite tout en empêchant les cordes de raisonner à l’aide de sa main gauche (qui “couvre” les cordes). Il en résulte un son rythmique mais neutre, souvent demandé par les danseuses pour mettre en valeur un passage de leur jeu de pieds ou pour accentuer la dimension rythmique d’une partie de la danse. Le tapao est également utilisé comme introduction d’une danse ou d’un chant, pour installer le compás.


Temple : vocalisations discrètes effectuées par le cantaor pour installer sa voix sur la tonalité de la guitare.


Tercio : une phrase mélodique, correspondant généralement à un vers. Un ensemble de tercios composent une letra.

Exemple : Dans la letra “A quién le contaré yo / Las fatiguitas que yo paso / Se las voy a contar a la tierra / Cuando me estén enterrando”, la mélodie de “A quién le contaré yo” constitue le premier tercio.

Tocaor : guitariste de Flamenco, spécifiquement. Le terme espagnol désignant n’importe quel autre type de guitariste est guitarrista.


Zambra : ce mot d’origine probablement arabe désigne deux éléments distincts de l’univers flamenco :

  • Les fêtes que célèbrent les habitants du Sacromonte de Grenade, dans lesquelles sont interprétées différentes danses liées au rituel du mariage gitan ;

  • Un style théâtral développé par Manolo Caracol dans les années 1940 et 50, et dans lequel on relève notamment la présence du piano.


Y a-t-il un terme ou une expression du Flamenco que vous ne comprenez pas et que vous aimeriez trouver dans ce glossaire ? Écrivez nous !

Alvaro Echanove    |    (438) 929-0024    |    alvaro.echanove@gmail.com
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Photos by Sebastian Ormachea and Marie-Claude Lapointe